Archives de l’auteur Carole Herscovici

ParCarole Herscovici

Le calendrier de l’ANA’ture 2018 est arrivé

Vous pouvez le consulter ou le télécharger ici :

Calendrier Anature 2018_web

ParCarole Herscovici

Natures d’Ariège Infos – BL86

 

Sommaire

  • Editorial
  • Restauration d’une portion de l’Hers vif en faveur du Desman des Pyrénées
  • La vie associative à la loupe
  • L’Alphabet du botaniste en Herbe, E comme Euphorbiaceae

Brèves ariégeoises

  • Première mention certaine de Grande Noctule en Ariège
  • La buxbaumie, petite mousse discrète mais remarquable !
  • Chantier de restauration de mare à Villeneuve d’Olmes

Dossier du mois

  • Le site de Lesparrou – En Gauly
  • La Couleuvre à collier astreptophore en Ariège ?
  • Benoît Holliger nous a quittés
  • L’Ana une équipe toujours en mouvement

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ParCarole Herscovici

Recueil 50 activités autour de l’alimentation

Recueil 50 activités autour de l’alimentation

L’alimentation constitue un enjeu majeur, tant sur le plan agricole qu’environnemental, de santé publique, de gouvernance alimentaire et de capacité de choix des citoyens, pour l’ensemble de la population et des acteurs impliqués. Les personnes âgées et les professionnels des maisons de retraite sont partie prenante dans cette dynamique de questions liées à l’alimentation. D’une part, ils sont des consommateurs avertis de ressources alimentaires d’un patrimoine culinaire et par ailleurs, partenaires d’une économie territoriale où la production alimentaire est importante, les structures d’accueil sont des acteurs primordiaux pour favoriser la place d’une alimentation locale, saine et variée. Ce recueil d’animations est un véritable outil pratique pour favoriser des échanges et mettre en œuvre des activités : animations, ateliers, visites,…, pour personnes âgées qui sont les passeurs d’une histoire et d’une culture de nos pratiques alimentaires. C’est ainsi que ce livret doit pouvoir se compléter et s’ouvrir à d’autres publics car les questions autour de l’alimentation sont transversales et concernent toutes les générations. Nous remercions déjà l’ensemble des EHPAD qui ont contribué à cette première version et qui nous ont fait part de leurs conseils sur le plan de la conduite d’activités. Les CPIE ont pour vocation d’être des acteurs pédagogiques pour valoriser les ressources et les richesses de leur territoire. Ils ont aussi pour mission de rassembler et de mettre en synergie les divers acteurs locaux et de répondre ensemble aux défis environnementaux. Ce recueil d’activités autour de l’alimentation répond, à sa juste mesure, à ces objectifs. Bonne utilisation.

Vincent LABART Président de l’URCPIE Midi-Pyrénées

ParCarole Herscovici

Natures d’Ariège Infos n°84

Sommaire

  • Editorial
  • La vie associative à la loupe
  • Week-end d’observation de la migration au col de Larnat
  • Découverte du Lézard agile de Garzon dans le vallon du Siscar
  • L’alphabet de Botaniste en Herbe : C comme Caryophyllaceae 

Brèves ariégeoises…

  • Gypaète barbu à l’est du Couserans : premier envol d’un juvénile … après 13 ans d’efforts !
  • L’Aigle royal en réseau

Dossier du mois

  • Inventaire des zones humides de montagne (hors territoire PNR PA)
  • Des ambroisies en Ariège : compte rendu des prospections
  • Vous avez dit mélanisme
  • Les sorties de janvier, février 2016

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ParCarole Herscovici

Des ambroisies en Ariège : plantes exotiques envahissantes qui peuvent être dangereuses pour la santé …

Bien qu’elles fassent beaucoup parler d’elles, notamment dans la vallée du Rhône où elles sont responsables de graves problèmes sanitaires auprès d’une partie de la population, les ambroisies sont des plantes encore mal connues en Ariège. Si quelques stations avaient été repérées il y a une dizaine d’années, leur présence n’avait, semble t-‘il, pas donné lieu à des actions ou publications auprès du public. En 2015, un projet sur les plantes exotiques envahissantes, mené au niveau régional avec l’URCPIE et le CBPMP, fait un zoom sur ces espèces, puis dans un deuxième temps, sensibilisation, information et formation seront proposées auprès du grand public, des collectivités concernées et des professionnels

Mais tout d’abord, qui sont les ambroisies ? Les ambroisies présentes en France sont représentées par 4 à 5 espèces dont deux concernent plus particulièrement l’Ariège : l’ambroisie à feuilles d’armoise, Ambroisia artemissiifolia (cf : photo en haut de l’article), arrivée en France vers la fin du 19e siècle en provenance du Canada avec des semences, considérée autrefois comme plante médicinale au même titre que l’ambroisie maritime plus méditerranéenne et l’ambroisie trifide, Ambroisia trifida, une espèce de grande taille qui envahit progressivement de nombreuses cultures.

Ces plantes invasives ont un impact négatif important sur la santé de nos concitoyens à cause de leurs grands effets allergisants (rhinites, asthme …).

Ces 2 ambroisies ont déjà fait l’objet de recherches qui ont donné lieu à des enquêtes et des prospections notamment en Ariège où des stations de ces 2 espèces avaient été repérées.

Quel était le projet ? Dans le projet 2015 sur les espèces exotiques envahissantes, mené par l’Ana, il a été prévu de mettre à jour les données réalisées sur ces espèces, en allant vérifier, dans un premier temps sur les Communautés de communes de Pamiers et Saverdun, que sur toutes les stations repérées il y a quelques années, les ambroisies prospèrent toujours et à découvrir de nouvelles stations. Suite à un appel lancé auprès des adhérents du groupe botanique de l’Ana, 2 personnes se sont beaucoup investies dans ce travail et ont été ponctuellement aidées par une personne en service civique dans la structure.

Les zones les plus favorables au développement des ambroisies qui avaient été repérées concernaient surtout le canton de Saverdun avec notamment les communes de Montaut et de Mazères pour l’ambroisie trifide et une zone plus étendue allant de Belpech à Mirepoix pour l’ambroisie à feuilles d’armoise. Pour certaines des anciennes stations repérées, on n’a pu retrouver la présence d’ambroisies, en particulier au Carlaret et à Trémoulet sur une parcelle cultivée. La prospection a vraiment débuté lorsque nous avons pu enfin voir les 2 espèces autrement qu’en photo.

Les premières ambroisies trifides ont été vues le long d’une culture de maïs sur Montaut ce qui a orienté très rapidement nos recherches aux abords des cultures irriguées principalement. Cette espèce, qui peut atteindre 3 à 5 m de haut dans de très bonnes conditions a pu être repérée avec l’arrivée du mois d’août puis le début de la floraison.

Ambroisie trifide - station 25 HD-jv _web(87)

 

Photo d’Ambroisie trifide.

A la mi-septembre, une dizaine de nouvelles stations étaient repérées en plus des anciennes. La population pouvait varier de quelques pieds à des concentrations de plusieurs centaines de plants souvent éparpillées en quelques points très denses où il était difficile de faire un comptage précis. Cette ambroisie a pu être rencontrée dans du maïs, du sorgho, du tournesol ou plus souvent des céréales déjà récoltées.

L’ambroisie trifide est l’espèce qui cause actuellement le plus de problème dans les cultures à cause de son grand développement et de son extension importante. Elle est un peu comparable à celle du datura.

Cette année les prospections ont démarré en juillet ce qui est vraisemblablement un peu tôt car les ambroisies ne sont pas encore adultes, donc plus difficilement repérables et le nombre de pieds augmente en fin de saison.

En ce qui concerne la seconde espèce, l’ambroisie à feuille d’armoise, nos recherches se sont orientées tout d’abord dans la vallée de l’Hers puisque la première station que l’on nous a indiquée se trouvait sur un bras mort de la rivière et que, plus en aval, une ancienne station observée à Belpech était également sur les bords de l’Hers. Il semblait donc, à première vue, que les 2 espèces se développaient dans des conditions écologiques différentes : les cultures ou les bords de cours d’eau.

En orientant rapidement les prospections tout au long de la vallée de l’Hers, notamment sur les bancs de graviers ou de galets, quand ils étaient accessibles, nous nous sommes vite aperçus que l’ambroisie à feuille d’armoise avait réussi à s’établir un peu partout, en plus ou moins grande quantité, mais toujours aux endroits où le plan d’eau était proche de la surface. Ainsi, de Mirepoix à Calmont, nous avons trouvé de loin en loin des colonies d’ambroisies même si elles ont pu être un peu chahutées avec les grandes inondations qui ont modifié le cours de la rivière.

On compte une douzaine de nouvelles stations répertoriées en 2015. Sur cette partie de la vallée de l’Hers, on ne rencontre aucune ambroisie dans les cultures irriguées qui la bordent.

Au cours de la première quinzaine de septembre, la vision idéale de cette ambroisie qui restait cantonnée dans le lit d’une rivière a volé un peu en éclats : en effet, dans la région de Mirepoix, les anciennes stations à visiter ont révélé que l’ambroisie à feuilles d’armoise était capable de prospérer et d’envahir les cultures et ses abords. Ainsi dans une grande zone de cultures de tournesol, et en compagnie du datura, nous avons pu observer des centaines de pieds. Le sol étant assez sec, les plantes sont plus courtes mais fleurissent quand même. Les pieds, enchevêtrés les uns dans les autres, ne permettent que de faire une estimation car les écarter pour les compter serait long et enverrait des nuages de pollen sur l’observateur.

Deux autres points sur Mirepoix (le long d’un chemin près d’une culture de maïs et près de la déchetterie) ont montré que cette espèce pouvait coloniser et survivre dans des milieux plus secs, des friches ou des endroits où les terres ont été retournées ou déposées.

D’après les observations récoltées, il est difficile à ce jour de savoir si les ambroisies rencontrées ont pu se reproduire végétativement. On constate toutefois qu’une tige récoltée et placée dans un bocal d’eau peut émettre en quelques semaines un chevelu de racines impressionnant. Il est à noter aussi que les 2 espèces d’ambroisies n’ont jamais été rencontrées ensemble dans un même lieu.

 

En conclusion, nous pensons que les prospections 2015 ont permis d’avoir une vue plus précise sur l’envahissement des milieux agricoles ariégeois par ces 2 espèces.

Carto ambroisie localisation_globale - web

Localisation des stations d’Ambroisie sur les territoires des Communautés de communes de Saverdun et Pamiers, 2015

Il serait bien de compléter ce travail par des enquêtes chez les agriculteurs pour avoir des renseignements plus précis et suivre peut être une ou deux stations de chaque espèce pour voir comment évolue la population au fil des années…

En 2016, le programme sur les plantes exotiques envahissantes va continuer ; notamment sur les communautés de communes de Pamiers et Saverdun, avec un zoom important sur les ambroisies. Outre les prospections qui vont être poursuivies, nous allons sensibiliser et informer le grand public et mobiliser les collectivités et les professionnels concernés (agriculteurs, professionnels de santé, agents entretien espaces verts, bords de routes …). Au programme : expos, stands, sorties, émission de radio, article dans la presse …..

Plaquette Ambroisies en Ariège

Hervé Duval et Fabienne Bernard

ParCarole Herscovici

La Prairie humide du Pesquié, un an après

Il y a maintenant un an, l’Ana-Cen de l’Ariège a eu l’opportunité de faire l’acquisition d’une prairie humide à très forte valeur patrimoniale : la prairie du Pesquié à Lagarde dans l’Est du département (cf bulletin de liaison n ° 83). Nous connaissions cette prairie depuis près d’une dizaine d’année puisque nous y faisions le suivi de la Jacinthe de Rome, plante protégée au niveau national. A l’annonce de la vente de cette prairie, nous avons entamé les démarches pour nous en porter acquéreur et en assurer la protection en partenariat avec les acteurs locaux.

L’achat a pu se concrétiser grâce au concours financier de l’Agence de l’eau et d’un mode de financement inédit : le financement participatif via une campagne lancée sur le site Ulule. Cette initiative originale a fait l’objet de plusieurs articles dans la presse spécialisée (Zones Humides Info). Ces premières sources financières nous ont aussi permis d’accéder cet été à un complément apporté par la Fondation Nature et Découverte et de pouvoir financer cette acquisition en totalité.

 

Depuis l’achat en avril 2015 que s’est-il passé au Pesquié ?

On a inventorié, étudié, cartographié, analysé, partagé, rencontré, planifié… : la joyeuse « routine » de nos missions de Conservatoire d’espaces naturels.

  • L’amélioration de la connaissance naturaliste

Dès le printemps 2015, nous avons commencé à affiner notre connaissance naturaliste de la prairie qui se limitait jusqu’alors à la population de Jacinthe de Rome.

Nos inventaires ont pu confirmer :

– l’intérêt de ce secteur comme zone de reproduction des amphibiens avec 10 espèces recensées dont le Pélodyte ponctué, la Rainette méridionale ou le Crapaud calamite. Le mois de mars au Pesquié, c’est le Batrac’Opéra : ça chante, coasse et grougroute dans toutes les tonalités, tous les tempos et dans tous les coins.

Crapaud calamite peu présent en Ariège est du département

– l’intérêt botanique avec une population importante de Bellevalia romana mais aussi la découverte d’Alopecurus bulbosus – le Vulpin bulbeux, une graminée protégée au niveau national – moins spectaculaire que la Jacinthe mais plus rare et peut-être plus vulnérable. C’est, à notre connaissance, la seule station de cette plante connue à ce jour en Ariège.

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– la présence d’une mosaïque d’habitats naturels intéressante qui s’agencent selon plusieurs gradients (humidité, fermeture de la végétation, pression de pâturage). Nous avons pu mettre en évidence différents types d’habitats humides correspondant aux syntaxons suivants : le Bromion racemosi qui est d’intérêt patrimonial et relativement rare en Ariège, c’est l’habitat type de la Jacinthe de Rome, du Vulpin bulbeux et de l’Orge faux-seigle (Hordeum secalinum), une autre graminée de prairie humide peu fréquente. Le faciès dominé par Juncus inflexus (Mentho-Juncion inflexi) est révélateur de l’influence du pâturage et se développe en nappe le long du drain principal. Le Juncion acutiflori que l’on rencontre dans la partie du site moins soumise au pâturage. Enfin les drains présentent des faciès dominés par le Scirpe des marais (Eleocharis palustris)  relevant de l’alliance phytosociologique des Eleocharetalia palustris.

  • Et le fonctionnement hydrologique alors ?

Le fonctionnement hydrologique de cette grande zone humide qui présente de forts contrastes hydriques saisonniers reste pour l’instant mystérieux. Ce sera un des points majeurs à éclaircir en 2016 afin de proposer un plan de gestion cohérent. Dans cette optique une cartographie des drains a déjà été établie.

  • un peu de gestion en anticipation …

Nos collaborations antérieures avec l’équipe pédagogique du LEGTA de Pamiers nous ont permis de mettre en place un travail en partenariat sur ce site : les élèves de terminale GMNF auront ainsi en charge dès novembre 2015 des actions d’ouverture de milieu sur un des secteurs embroussaillés de la prairie ; nous les accompagnerons pour réaliser l’état des lieux avant travaux, mettre en œuvre le chantier de restauration et faire le suivi de ces actions de gestion.

2015 a été aussi l’occasion de maintenir le contact avec les acteurs locaux pour conserver et adapter le pâturage selon des modalités qu’il reste à définir plus précisément (plan de pâturage et charge pastorale).

  • Et la suite ?

L’objectif actuel est d’améliorer notre connaissance du site et de proposer un plan de gestion conservatoire concertée pour la fin d’année 2016, pour cela il nous reste encore à inventorier, étudier, cartographier, analyser, partager, rencontrer, planifier …!

Nous remercions les financeurs qui nous ont soutenu dans cette acquisition, l’Agence de l’eau Adour-Garonne, la Fondation Nature et Découverte et les 60 contributeurs, via le financement participatif, lancé sur le site Ulule.

Cécile Brousseau

ParCarole Herscovici

L’aigle royal en réseau

Le Réseau Aigles Pyrénées est né à la fin de l’année 2013 à la suite de rencontres entre passionnés de ce rapace et de la volonté de réaliser une synthèse pyrénéenne des connaissances sur cet oiseau.

Parallèlement et depuis 1999, j’essaye, à titre personnel :

  • d’une part de dresser la carte des territoires d’aigles royaux sur le Couserans et l’Ariège
  • d’autre part de suivre la productivité de ces territoires.

Le premier objectif est, me semble-t-il, atteint pour le Couserans (tout en espérant toujours quelques surprises…) et la phase d’extension à l’Ariège est en cours. Le second objectif n’est réalisé que de façon parcellaire : la nécessité d’un collectif est évidente pour mener un tel travail à bien. La constitution d’un petit réseau aigle sur le Couserans d’abord, mais à étendre à toute l’Ariège ensuite, est donc un projet que j’avais à l’esprit depuis quelques temps déjà.

La rencontre avec Jacques Bouillerce, coordinateur Aigle royal pour le GOPA et animateur du Réseau Aigles Pyrénées, par l’entremise de Sylvain Reyt (Merci Sylvain !) le 23 septembre dernier a été le détonateur qui me conduit aujourd’hui à présenter cette modeste synthèse sur l’aigle royal dans le Couserans et en Ariège ; et à solliciter tous les naturalistes de l’Ariège motivés par cet oiseau fascinant pour participer à un réseau aigle sur le Couserans et l’Ariège, affilié au Réseau Aigles Pyrénées.

L’aigle royal dans le Couserans et en Ariège.

2 juvénile

L’occupation d’un territoire par un couple d’aigles royaux signifie que : ils le défendent, ils y chassent et surtout ils tentent de s’y reproduire (construction d’aires, parades, accouplement, élevage…). Les indices d’occupation sont donc constitués par l’observation des comportements liés à ces activités.

La productivité d’un couple est représentée par sa capacité à mener à terme l’élevage d’un jeune (rarement deux), c’est-à-dire jusqu’à son envol.

En 2015, dans le Couserans (de la limite avec la Haute-Garonne au massif des Trois seigneurs), ce sont 12 territoires occupés par un couple d’aigles qui sont identifiés, et notés d’Ouest en Est dans le tableau.

Territoires Saint-Lary Isard Eylie Orle Ribérot Cazabède Estours Angouls Salau Ossèse Aulus Trois Seigneurs
Productivité brute 2/5 1/2 0/2 1/2 2/3 0/1 4/11 1/3 10/13 6/12 3/9 0/2

La productivité brute est le nombre de juvéniles à l’envol rapporté au nombre d’années pour lequel le couple a pu être plus ou moins suivi.

Comme je l’ai déjà mentionné, ce suivi est tout d’abord loin d’être égal pour tous les couples et ensuite très irrégulier pour tous les couples (pas de visites systématiques durant les phases clefs de la saison de reproduction) : la priorité a d’abord été donnée à l’identification des territoires. Le calcul classique de productivité n’est donc pas effectué.

Certains couples méritent toutefois un commentaire particulier :

– Salau : le seul couple pour lequel la productivité peut être commentée au vu du suivi réalisé ; elle est tout à fait remarquable : 0,77 avec une série de 9 années consécutives (2001-2009) avec un jeune à l’envol.

– Ossèse : un couple qui a réussi par 2 fois : en 2000 et en 2010, à mener 2 juvéniles à l’envol, ce qui est rare dans les Pyrénées.

– Aulus : Un couple très intéressant puisqu’on connaît toute son histoire. En effet, il s’est installé à la faveur du nourrissage mis en place pour fixer un couple de gypaète sur ce secteur. Cette histoire mériterait peut-être un article à elle seule, dont voilà juste quelques repères :

2002, installation du nourrissage fréquenté par des aigles surtout immatures et subadultes.

2004, un couple, formé par une femelle immature et un mâle subadulte, s’approprie le territoire

2006-2007 : le couple est adulte

2010-2011-2012 : le couple produit 1 juvénile à l’envol par an.

En Haute-Ariège, 9 territoires sont occupés par des couples d’aigles : Auzat, Marc, Artiès, Ussat, Verdun, Beille-Aston, Frau, Orlu, Mérens et 3 secteurs sont à vérifier : Siguer, Savignac-Ax, L’Hospitalet. L’Aston pourrait aussi réserver quelques surprises.

Dans le Quérigut, 3 territoires sont occupés : Mijanès et 2 autres rapportés par Jacques Bouillerce : « Roc blanc » et « Quérigut » utilisant des territoires à cheval sur l’Aude et les Pyrénées –Orientales, les aigles ne se souciant bien heureusement pas des subtilités des découpages administratifs humains.

Ainsi, en 2015, l’Ariège compterait donc 24 à 27 couples d’aigles royaux.

Un réseau aigle en Ariège ?

L’aigle royal fait partie des espèces mythiques : il a fasciné les hommes de toutes les époques qui l’ont fait intervenir dans de nombreuses légendes et croyances et se sont souvent appropriés son effigie.

D’un point de vue biologique, dans les Pyrénées, l’aigle royal intervient comme super prédateur au sommet de la pyramide alimentaire. Sa présence et sa productivité témoignent d’un territoire à la biodiversité riche et relativement peu anthropisé (c’est-à-dire avec des zones de quiétude suffisamment vastes pour qu’il s’installe). C’est donc un marqueur intéressant de la qualité biologique des milieux et de leur niveau d’anthropisation.

Le recensement des territoires d’aigles royaux et leur suivi visent donc deux objectifs :

– une meilleure connaissance de l’espèce elle-même dans le contexte pyrénéen

– une contribution au suivi de l’évolution des territoires occupés par les aigles

Le recensement des territoires d’aigles royaux semble bien avancé mais des incertitudes demeurent notamment en Haute Ariège : certains territoires restent à prospecter.

Le suivi est à réaliser de manière plus systématique pour avoir des résultats utilisables avec des visites aux moments clefs du cycle de reproduction : parades et recharge de l’aire, incubation, élevage, envol.

Pour cela, il faut un collectif : un réseau d’observateurs. Je vous propose une organisation géographique : l’idéal serait qu’un observateur (voire 2 ou 3) s’occupe d’un territoire qu’il choisit car il est proche de chez lui (lien géographique) ou parce qu’il l’aime particulièrement (lien affectif). Dans les 2 cas, le principe est que l’observateur puisse se rendre sur ce territoire avec le moins de contraintes possibles de manière à pouvoir réaliser un suivi satisfaisant.

Cependant cette organisation « idéale » ne sera pas en place partout et ne pourra pas convenir à tous en fonction de nos modes de vie et de nos contraintes, par conséquent, et même si certains veulent bien prendre en charge un territoire (ou plusieurs…), la souplesse prévaut : on peut aller prospecter et observer l’aigle où on veut (évidemment !!!!!!) mais il est extrêmement important de faire alors remonter les observations par mails de manière à pouvoir actualiser les connaissances et donc ajuster les efforts de prospections et de suivis.

Par ailleurs, j’en appelle également à tous ceux qui ont réalisé des observations d’aigles en Ariège : notamment des observations de juvéniles, d’aires ou de comportement territoriaux ou reproducteurs… Vous serait-il possible de me communiquer ces observations de manière à compléter les connaissances que nous avons déjà ?

L’aigle royal ne fait l’objet d’aucun suivi officiel, d’aucun plan de restauration ou d’étude et donc d’aucun financement. Le réseau aigle repose uniquement sur la volonté et la motivation de ceux qui y participent.

Merci par avance à ceux qui viendront d’une manière ou d’une autre contribuer à ce nouveau réseau aigle en Ariège. N’hésitez pas à me contacter pour toutes questions ou précisions.

Julien Garric

Coordinateur ANA réseau aigle

jgarric@wanadoo.fr

ParCarole Herscovici

Gypaète barbu à l’est du Couserans : premier envol d’un juvénile… après 13 ans d’efforts !

L’ANA participe depuis 2000 aux actions techniques (prospection, suivi, nourrissage) du réseau casseur d’os en faveur de la restauration de la population de gypaètes barbus sur le versant nord des Pyrénées. Dans les années 90, l’association participait déjà au volet « Education à l’Environnement » en contribuant  avec les autres partenaires à la mise en place du premier kit pédagogique pour sensibiliser le grand public aux actions pour la conservation du gypaète. En ce qui concerne les actions techniques, nous intervenons aujourd’hui essentiellement dans le Couserans et depuis l’année dernière dans le massif de la Frau à l’est du département.

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ParCarole Herscovici

Natures d’Ariège Infos n°83

Sommaire

  • Editorial
  • La vie associative à la loupe
  • L’alphabet de Botaniste en Herbe : B comme Brassicaceae
  • Le Pesquié : portrait d’une prairie pas comme les autres
  • Retour sur la sortie croquis de terrain du 12 avril 2015

Brèves ariégeoises…

  • Afflux de printemps
  • Champagne pour les Gypaètes barbus de Sinsat !
  • Les potins ornithologiques des derniers mois

Dossier du mois

  • Les plantes exotiques envahissantes en Midi-Pyrénées
  • Zoom sur l’Ariège
  • Les ambroisies, des plantes invasives dangereuses pour la santé
  • Appel aux bénévoles
  • L’équipe de l’Ana en mouvement … les nouvelles recrues de 2015
  • Grand ménage de printemps

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