Archives de catégorie Actualités

ParJulien Vergne

Retour sur la Conférence sur les Ambroisies en Ariège

Le mardi 10 mai 2016, une conférence sur les ambroisies a été organisée au Lycée agricole de Pamiers.

Les ambroisies sont des plantes exotiques envahissantes qui posent des problèmes de santé publique et d’envahissement de zones agricoles, de berges de cours d’eau et de bords de route. L’Association des Naturalistes de l’Ariège (Ana) travaille sur l’étude et la gestion de ces plantes ainsi que sur  la sensibilisation du grand-public en partenariat avec le Lycée agricole de Pamiers.

C’est donc dans ce cadre que cette conférence d’information réunissant divers spécialistes s’est réalisée. Chaque intervenant y a exposé les enjeux liés à ces plantes ainsi que les moyens de lutte et de prévention que chacun peut mettre en place à son niveau.

 

Après un accueil et une introduction faits par Daniel Sintes, directeur du Lycée agricole de Pamiers, nous sommes progressivement rentrés dans le vif du sujet :

Jérôme Dao, en charge du Plan régional d’actions sur les plantes exotiques envahissantes au Conservatoire Botanique National des Pyrénées et de Midi-Pyrénées (CBNPMP) nous a dressé un bref topo sur les plantes exotiques envahissantes.

Rebecca Bilon, ingénieure à l’INRA et coordinatrice de l’Observatoire des Ambroisies (OdA) et Marilou Mottet, ingénieure INRA et animatrice de l’OdA, ont présenté les deux espèces d’ambroisies (identification, biologie, écologie…) présentes en Ariège : l’Ambroisie à feuilles d’Armoise et l’Ambroisie trifide.

Hervé Duval, bénévole et botaniste amateur à l’Ana, a présenté son travail de prospection des ambroisies réalisé en 2015 sur le bord de l’Hers principalement et sur les stations déjà repérées en 2005/2007 . Cela a permis de présenter une carte actualisée des ambroisies sur les secteurs prospectés en fonction de l’état actuel de nos connaissances.

Jérôme Dao et Sylvie Vialelle, ingénieure d’études sanitaires à l’Agence Régionale de Santé de Languedoc-Roussillon/Midi-Pyrénées (ARS), ont exposé ce qui est mis en place au niveau régional autour de la connaissance, de la gestion et des conséquences sanitaires liées aux ambroisies.

Le Dr. Claire Schwartz, médecin responsable clinique du Réseau National de Surveillance Aérobiologique (RNSA), a présenté les méthodes d’évaluation des expositions des populations aux pollens d’ambroisies et autres plantes allergènes. Elle a également abordé les divers impacts sur la santé liés à ces ambroisies. Même si, pour le moment en Midi-Pyrénées, les allergies liées au pollen d’ambroisie semblent marginales, il est intéressant de constater qu’un dispositif de surveillance et d’alerte est en place pour informer les professionnels de la santé en temps réel.

Le Dr. Michel Thibaudon, président du RNSA, a complété cette présentation en insistant sur la « chance » que nous avons en Ariège : les ambroisies sont encore relativement peu répandues et il est donc encore possible d’agir avant qu’il ne soit trop tard. En effet, en région Rhône-Alpes, par exemple, énormément de personnes sont touchées par les allergies liées aux ambroisies (1 personne sur 5 !) et toute l’économie locale est impactée (secteur agricole, routier, BTP, carrières…). Le Dr. Thibaudon a présenté la nouvelle plateforme internet et appli mobile qui permet à tout observateur de ces plantes de géo-référencer leur observation et de prévenir les autorités locales qui pourront intervenir pour détruire les nouveaux foyers d’ambroisies découverts. www.signalement-ambroisie.fr

Enfin, Bruno Chauvel, chargé de recherche INRA et assistant scientifique à l’OdA, a présenté très (trop) brièvement quelques techniques de lutte en milieu agricole. Il en ressort que certaines cultures comme le maïs ou le tournesol, en fonction de leur gestion, des rotations et des périodes de semis, peuvent favoriser le développement des ambroisies et chaque situation appelle un type de réponse particulier pour tenter de concilier la destruction des ambroisies et la préservation des cultures. Il existe des documents téléchargeables sur le site de l’OdA pour donner quelques marches à suivre afin de contenir voire de réduire ou faire disparaître les stations d’Ambroisies.

 

Plus d’une centaine d’élèves du lycée agricole étaient présents : 2de NJPF, 1ère GMNF, Tle GMNF, Tle STAV, 1ère STAV, soit 1/3 de l’établissement.

On peut regretter l’absence d’acteurs locaux directement concernés par le sujet et pourtant invités comme la Chambre d’Agriculture, les syndicats de rivières, les communautés de communes,  l’ordre des médecins et les gestionnaires de gravières. Quoi qu’il en soit, fort de ces explications et des éclairages apportés par les intervenants sur ces plantes, nous poursuivrons nos missions de prospection et de sensibilisation auprès du grand public comme auprès des divers corps de métiers directement impliqués sur cette thématique.

À suivre, donc !

 

Pour aller plus loin :

… À propos de la conférence

… À propos des ambroisies

ParJulien Vergne

Rendez vous aux jardins à Foix

A l’occasion de l’évènement national Rendez-vous aux jardins, l’Association des Naturalistes de l’Ariège (Ana), en partenariat avec la Ville de Foix et la Préfecture de l’Ariège, organise à Foix un week-end d’animations sur la thématique des jardins.

Samedi 4 juin :

Village associatif sous la « Halle aux grains » à Foix, des expositions et des ateliers vous seront proposés gratuitement de 9h00 à 18h00.

Les visites guidées :

  • Des jardins de la préfecture : 13h30, 15h et 16h30. Inscription obligatoire au 05 61 02 11 41.
  • Du parc de « l’ancien collège » (proche de la Halle aux grains) à 15h, rendez-vous à l’entrée du jardin proche de la halle.
  • Des jardins des particuliers de 14h à 16h30. Plan disponible au village associatif.

Spectacle de cirque de la compagnie « Ramasse Miette », deux représentations (horaires disponibles au village associatif) sur les Allées de Villotes.

Dimanche 5 juin :

  • Visite guidée du parc Bouychères de 10h à 12h, rendez-vous dans le parc devant la passerelle.
  • Balade botanique « A la découverte des plantes libres et sauvages de Foix », départ 15h30 sous la « Halle aux grains ».
  • Spectacle de cirque de la compagnie « Ramasse Miette », deux représentations (horaires disponibles au village associatif) sur les Allées de Villotes.

affiche définitive

ParJulien Vergne

Formation : ressources en eau et milieux humides en montagne

L’Association “le Chabot” de Protection des Rivières Ariégeoises organise une cession de formation sur la ” ressource en eau et les milieux humides en montagne.
Des intervenants de l’Observatoire Homme Milieu du Haut Vicdessos (OHM), de l’Association des Naturalistes de l’Ariège (ANA), du Conseil International Associatif pour la Protection des Pyrénées (CIAPP), de l’Office National des Forets (ONF), du Parc Naturel Régional des Pyrénées Ariégeoises (PNR) et de l’association “le Chabot” présenteront les enjeux de connaissance, de préservation et de développement des milieux humides de montagne (tourbières, zones humides, cours d’eau).

Cette formation se déroulera sur 2 journées les 21 et 22 juin 2016 à Suc et Sentenac avec hébergement au centre de montagne de Suc.
La formation est ouverte à toute personne intéressée; il est souhaitable que les participants s’inscrivent pour l’ensemble des deux journées avec hébergement au centre de montagne de Suc. La participation aux frais d’hébergement et de repas (2 repas et 1 petit déjeuner) est fixée à 15 € par personne.

Les inscriptions sont prises par mail, contact@apra-lechabot.fr ou delrieu_auria@hotmail.fr ou par téléphone 05 61 05 32 17 ou 05 34 66 01 90 et 06 32 59 65 42

Programme de la formation

 

ParJulien Vergne

Événement du 13 au 16 mai

Le 9ème Festival Photos dessins nature des Pyrénées aura lieu ce week end (du 13 au 16 mai), au Mas d’Azil.

De nombreux peintres, photographes et expositions seront présents !

Pour plus de renseignements : abela11@wanadoo.fr – 07 86 72 06 53

hpiiadcincpcdmjk

kjiaepbpjcmllhgk

ParJulien Vergne

Partenariat avec le lycée agricole de Pamiers sur les Ambroisies

Dans le cadre de nos actions sur les plantes exotiques envahissantes et de notre partenariat avec le lycée agricole de Pamiers, nous avons mis en place cette année trois actions ciblées sur les Ambroisies.

  • Une intervention en classe auprès des élèves de terminale Bac pro Gestion des milieux naturels et de la faune (GMNF) pour présenter les ambroisies inventoriées l’année dernière en Ariège (cf. article d’Hervé Duval consacré au sujet) et les problème qui peuvent en découler. À partir de cette intervention et de la documentation disponible sur internet, les élèves ont produit une plaquette corrigée et validée par les spécialistes nationaux et régionaux qui travaillent sur les ambroisies. Plaquette Ambroisies en Ariège
  • Des interventions sur le sujet auprès des élèves de l’Option Environnement que nous animons depuis de nombreuses années. Les élèves produiront en fin d’année scolaire une nouvelle émission de radio “De la puce à l’oreille” sur les ambroisies.
  • Enfin, une conférence d’information sur les ambroisies en Ariège se tiendra le 10 mai prochain dans l’amphithéâtre du lycée. Cette conférence, réunissant les spécialistes des ces plantes (tant de le domaine botanique qu’agricole ou de la santé), présentera au grand public ainsi qu’aux techniciens divers les enjeux, pour l’homme et l’environnement, liés à ces plantes (agriculture, entretien des routes et des berges, santé, modification des écosystèmes…). Programme de la conférence sur les Ambroisies

Les ambroisies pouvant poser des problèmes de santé grave, l’Ana, en tant que CPIE, participe au niveau régional avec divers partenaires associatifs et institutionnels (UR CPIE, Conservatoire botanique, Agence régionale pour la santé, DRAAF, DREAL…), à une stratégie coordonnée sur la région pour contenir voire faire disparaître les stations d’ambroisies présentes en Ariège. Un réseau national de signalement de ces plantes a été mis en place et permet à tout le monde de faire remonter la présence d’ambroisie sur le territoire afin qu’une action puisse être mise en place rapidement. Plus d’infos sur le site www.signalement-ambroisie.fr.

 

ParJulien Vergne

Bilan du projet agro-environnemental : “Terre d’Hommes et de Biodiversité en Douctouyre”

logo THBD2

Vendredi 1er avril 2016, une réunion se déroulait à Dun pour faire le bilan de la 1er année des mesures agri-environnement et climatique (MAEC) sur le territoire du Douctouyre et pour inaugurer l’exposition « Terre d’hommes et de biodiversité en Douctouyre ».

Marc Carballido ( ?)  a introduit la réunion en retraçant l’historique de ce projet et en insistant sur l’intérêt et la richesse de développer des démarches de territoire, démarche trop souvent remplacée et oubliée par des démarches de filière.

En 2013, un collectif de partenaires, a lancé une action intitulée « Terre d’Hommes et de Biodiversité en Douctouyre », financée par la Région Midi-Pyrénées et le Programme LEADER « Ariège Pyrénées », qui a permis la réalisation d’un diagnostic environnemental d’un secteur agricole particulièrement riche et non identifié officiellement : la vallée du Douctouyre.

Un partenariat avec l’Association des Naturalistes d’Ariège, la Chambre d’Agriculture de l’Ariège, le Syndicat de rivière du Douctouyre (SIAD) et l’enseignement agricole, à travers le LEGTA de Pamiers, a permis de faire un état des lieux sur 14 communes (13 000 ha) afin de mesurer les enjeux agricoles, environnementaux et économiques du territoire. Les premiers résultats ont démontré que ce territoire était un véritable réservoir de biodiversité fortement lié à la présence d’une activité agricole diversifiée et adaptée au territoire.

Les inventaires naturalistes croisés avec des diagnostics agricoles ont mis en évidence la présence d’habitats d’intérêt communautaires tels que des pelouses calcicoles, des zones humides, des prairies de fauche de basse altitude, mais, aussi des espèces relevant de plans nationaux, telles que des plantes messicoles et les papillons « azurés ».

Ce diagnostic réalisé a permis de sensibiliser la population locale à la riche biodiversité de ce secteur et de faire des préconisations de pratiques agricoles auprès des agriculteurs.

En 2015, grâce à ces résultats, le Pays des Pyrénées Cathares a déposé un PAEC (Projet Agro- Environnemental et Climatique) en partenariat avec l’Ana, Gesnat et le SIAD, dans le but de définir et de proposer des mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC) adaptées au territoire et aux enjeux.

Ce projet, validé pour deux années de contractualisation (2015 et 2016), a déjà eu un grand succès puisque pour l’année 2015, ce ne sont pas moins de 12 agriculteurs qui ont contractualisé pour 577 ha et une enveloppe de 224 000 €. En 2016, 620 ha pourront être potentiellement contractualisés, ce qui représentera une enveloppe totale de 459 000€ sur 5 ans, attribuée aux agriculteurs du territoire.

La réunion s’est poursuivie par l’inauguration de l’exposition intitulée « TERRE D’HOMMES ET DE BIODIVERSITE EN DOUCTOUYRE ». Cette exposition présente les richesses du territoire et le rôle de l’activité agricole. Son but est de valoriser les paysages, les milieux naturels et cultivés et les habitants du Douctouyre. A travers 5 panneaux, l’exposition présente ce territoire, ses richesses, ses particularités et quelques paroles d’agriculteurs. L’idée n’étant pas de faire une exposition informative mais plus représentative. Il y a volontairement très peu de texte et l’accent est surtout mis sur l’esthétique des images, laissant libre cours à la réflexion et l’appropriation possible par les visiteurs. Toutes les photos ont été réalisées sur le territoire du Douctouyre par Raphaël Kann et par l’Ana.

L’exposition sera présentée dans 6 communes durant toute l’année 2016 (voir date ci-dessous)

De nombreux agriculteurs et élus, présents à cette réunion ont souligné l’intérêt d’une telle démarche, et une réflexion collective est à mener dès à présent pour démultiplier cette action sur le territoire de la communauté de communes de Mirepoix et de Lavelanet.

« Aujourd’hui c’est un bel endroit parce qu’on le cultive, mais demain ? Si personne ne reprend le métier ? »

  Quelques chiffres clefs :

  • 425 espèces recensées,
  • 40 espèces végétales patrimoniales,
  • 15 grands types d’habitats naturels diversifiés,
  • 76 espèces d’oiseaux dont 65 protégées,
  • Des papillons protégés
  • 90% des prairies de fauche en bon état de conservation,
  • 60% des prairies pâturées en bon état de conservation,
  • 50% des pelouses sèches en mauvais état de conservation,
  • 52% des agriculteurs ont plus de 50 ans,
  • 50% n’ont pas de projet de reprises
  • 86% des terres libérées sont en propriété
  • Un fort maillage paysager

Les prochaines expositions :

ROQUEFORT LES CASCADES : Salle des fêtes, 17 juin 2016 à 18h
LIEURAC : Salle des fêtes 12 juillet 2016 à 18h
AIGUES VIVES : Salle polyvalente 23 septembre à 18h
VIRA : Salle des fêtes 14 octobre à 20h

ParJulien Vergne

“Rendez-vous aux jardins”

rdv_aux_jardins
 
Dans le cadre d’un projet national “rendez-vous aux jardins” qui aura lieu le premier weekend de juin 2016 à Foix, nous vous sollicitons, particuliers, professionnels, amateurs, passionnés du jardinage au naturel pour ouvrir vos jardins au grand public.
 
 
Si vous possédez un jardin, potager, ornemental ou tout autre type, et que vous êtes intéressés par ce projet ou si vous souhaitez avoir plus de renseignements,
contactez :
ou 05 61 65 90 27
ParJulien Vergne

Découverte botanique dans l’Est de l’Ariège

Lors d’une mission cartographique dans l’Est du département, l’équipe « zones humides »de l’ANA a fait une découverte botanique. Il s’agit de la peu commune Fritillaire pintade (Fritillaria mDSCN2624eleagris). Sa présence n’était pas avérée en Ariège (les données disponibles étant anciennes et/ou peu précises) jusqu’à ce jour. C’est une plante de la famille des Liliacées, haute de 20 à 50cm avec de longues feuilles linéaires. Le plus souvent, la tige porte une seule fleur de grande taille dont les pétales sont ornés de motifs à damiers pourpres et blancs. Elle tire son nom de « Fritillus » qui est un cornet utilisé pour jeter les dés et fait référence à la forme en cloche des fleurs. Les motifs de la corolle rappellent, quant à eux, le plumage des pintades. La Fritillaire affectionne les zones inondables ; on la rencontre le plus souvent dans les prairies mais il est également possible de l’observer dans les boisements humides.

Une trouvaille qui augure, on l’espère, une saison botanique riche en découvertes !

 

Auteur : Agathe Verzeni, service civique zones humides

ParCarole Herscovici

Des ambroisies en Ariège : plantes exotiques envahissantes qui peuvent être dangereuses pour la santé …

Bien qu’elles fassent beaucoup parler d’elles, notamment dans la vallée du Rhône où elles sont responsables de graves problèmes sanitaires auprès d’une partie de la population, les ambroisies sont des plantes encore mal connues en Ariège. Si quelques stations avaient été repérées il y a une dizaine d’années, leur présence n’avait, semble t-‘il, pas donné lieu à des actions ou publications auprès du public. En 2015, un projet sur les plantes exotiques envahissantes, mené au niveau régional avec l’URCPIE et le CBPMP, fait un zoom sur ces espèces, puis dans un deuxième temps, sensibilisation, information et formation seront proposées auprès du grand public, des collectivités concernées et des professionnels

Mais tout d’abord, qui sont les ambroisies ? Les ambroisies présentes en France sont représentées par 4 à 5 espèces dont deux concernent plus particulièrement l’Ariège : l’ambroisie à feuilles d’armoise, Ambroisia artemissiifolia (cf : photo en haut de l’article), arrivée en France vers la fin du 19e siècle en provenance du Canada avec des semences, considérée autrefois comme plante médicinale au même titre que l’ambroisie maritime plus méditerranéenne et l’ambroisie trifide, Ambroisia trifida, une espèce de grande taille qui envahit progressivement de nombreuses cultures.

Ces plantes invasives ont un impact négatif important sur la santé de nos concitoyens à cause de leurs grands effets allergisants (rhinites, asthme …).

Ces 2 ambroisies ont déjà fait l’objet de recherches qui ont donné lieu à des enquêtes et des prospections notamment en Ariège où des stations de ces 2 espèces avaient été repérées.

Quel était le projet ? Dans le projet 2015 sur les espèces exotiques envahissantes, mené par l’Ana, il a été prévu de mettre à jour les données réalisées sur ces espèces, en allant vérifier, dans un premier temps sur les Communautés de communes de Pamiers et Saverdun, que sur toutes les stations repérées il y a quelques années, les ambroisies prospèrent toujours et à découvrir de nouvelles stations. Suite à un appel lancé auprès des adhérents du groupe botanique de l’Ana, 2 personnes se sont beaucoup investies dans ce travail et ont été ponctuellement aidées par une personne en service civique dans la structure.

Les zones les plus favorables au développement des ambroisies qui avaient été repérées concernaient surtout le canton de Saverdun avec notamment les communes de Montaut et de Mazères pour l’ambroisie trifide et une zone plus étendue allant de Belpech à Mirepoix pour l’ambroisie à feuilles d’armoise. Pour certaines des anciennes stations repérées, on n’a pu retrouver la présence d’ambroisies, en particulier au Carlaret et à Trémoulet sur une parcelle cultivée. La prospection a vraiment débuté lorsque nous avons pu enfin voir les 2 espèces autrement qu’en photo.

Les premières ambroisies trifides ont été vues le long d’une culture de maïs sur Montaut ce qui a orienté très rapidement nos recherches aux abords des cultures irriguées principalement. Cette espèce, qui peut atteindre 3 à 5 m de haut dans de très bonnes conditions a pu être repérée avec l’arrivée du mois d’août puis le début de la floraison.

Ambroisie trifide - station 25 HD-jv _web(87)

 

Photo d’Ambroisie trifide.

A la mi-septembre, une dizaine de nouvelles stations étaient repérées en plus des anciennes. La population pouvait varier de quelques pieds à des concentrations de plusieurs centaines de plants souvent éparpillées en quelques points très denses où il était difficile de faire un comptage précis. Cette ambroisie a pu être rencontrée dans du maïs, du sorgho, du tournesol ou plus souvent des céréales déjà récoltées.

L’ambroisie trifide est l’espèce qui cause actuellement le plus de problème dans les cultures à cause de son grand développement et de son extension importante. Elle est un peu comparable à celle du datura.

Cette année les prospections ont démarré en juillet ce qui est vraisemblablement un peu tôt car les ambroisies ne sont pas encore adultes, donc plus difficilement repérables et le nombre de pieds augmente en fin de saison.

En ce qui concerne la seconde espèce, l’ambroisie à feuille d’armoise, nos recherches se sont orientées tout d’abord dans la vallée de l’Hers puisque la première station que l’on nous a indiquée se trouvait sur un bras mort de la rivière et que, plus en aval, une ancienne station observée à Belpech était également sur les bords de l’Hers. Il semblait donc, à première vue, que les 2 espèces se développaient dans des conditions écologiques différentes : les cultures ou les bords de cours d’eau.

En orientant rapidement les prospections tout au long de la vallée de l’Hers, notamment sur les bancs de graviers ou de galets, quand ils étaient accessibles, nous nous sommes vite aperçus que l’ambroisie à feuille d’armoise avait réussi à s’établir un peu partout, en plus ou moins grande quantité, mais toujours aux endroits où le plan d’eau était proche de la surface. Ainsi, de Mirepoix à Calmont, nous avons trouvé de loin en loin des colonies d’ambroisies même si elles ont pu être un peu chahutées avec les grandes inondations qui ont modifié le cours de la rivière.

On compte une douzaine de nouvelles stations répertoriées en 2015. Sur cette partie de la vallée de l’Hers, on ne rencontre aucune ambroisie dans les cultures irriguées qui la bordent.

Au cours de la première quinzaine de septembre, la vision idéale de cette ambroisie qui restait cantonnée dans le lit d’une rivière a volé un peu en éclats : en effet, dans la région de Mirepoix, les anciennes stations à visiter ont révélé que l’ambroisie à feuilles d’armoise était capable de prospérer et d’envahir les cultures et ses abords. Ainsi dans une grande zone de cultures de tournesol, et en compagnie du datura, nous avons pu observer des centaines de pieds. Le sol étant assez sec, les plantes sont plus courtes mais fleurissent quand même. Les pieds, enchevêtrés les uns dans les autres, ne permettent que de faire une estimation car les écarter pour les compter serait long et enverrait des nuages de pollen sur l’observateur.

Deux autres points sur Mirepoix (le long d’un chemin près d’une culture de maïs et près de la déchetterie) ont montré que cette espèce pouvait coloniser et survivre dans des milieux plus secs, des friches ou des endroits où les terres ont été retournées ou déposées.

D’après les observations récoltées, il est difficile à ce jour de savoir si les ambroisies rencontrées ont pu se reproduire végétativement. On constate toutefois qu’une tige récoltée et placée dans un bocal d’eau peut émettre en quelques semaines un chevelu de racines impressionnant. Il est à noter aussi que les 2 espèces d’ambroisies n’ont jamais été rencontrées ensemble dans un même lieu.

 

En conclusion, nous pensons que les prospections 2015 ont permis d’avoir une vue plus précise sur l’envahissement des milieux agricoles ariégeois par ces 2 espèces.

Carto ambroisie localisation_globale - web

Localisation des stations d’Ambroisie sur les territoires des Communautés de communes de Saverdun et Pamiers, 2015

Il serait bien de compléter ce travail par des enquêtes chez les agriculteurs pour avoir des renseignements plus précis et suivre peut être une ou deux stations de chaque espèce pour voir comment évolue la population au fil des années…

En 2016, le programme sur les plantes exotiques envahissantes va continuer ; notamment sur les communautés de communes de Pamiers et Saverdun, avec un zoom important sur les ambroisies. Outre les prospections qui vont être poursuivies, nous allons sensibiliser et informer le grand public et mobiliser les collectivités et les professionnels concernés (agriculteurs, professionnels de santé, agents entretien espaces verts, bords de routes …). Au programme : expos, stands, sorties, émission de radio, article dans la presse …..

Plaquette Ambroisies en Ariège

Hervé Duval et Fabienne Bernard