Liste de catégorie Actualités

ParJulien Vergne

“Rendez-vous aux jardins”

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Dans le cadre d’un projet national “rendez-vous aux jardins” qui aura lieu le premier weekend de juin 2016 à Foix, nous vous sollicitons, particuliers, professionnels, amateurs, passionnés du jardinage au naturel pour ouvrir vos jardins au grand public.
 
 
Si vous possédez un jardin, potager, ornemental ou tout autre type, et que vous êtes intéressés par ce projet ou si vous souhaitez avoir plus de renseignements,
contactez :
ou 05 61 65 90 27
ParJulien Vergne

Découverte botanique dans l’Est de l’Ariège

Lors d’une mission cartographique dans l’Est du département, l’équipe « zones humides »de l’ANA a fait une découverte botanique. Il s’agit de la peu commune Fritillaire pintade (Fritillaria mDSCN2624eleagris). Sa présence n’était pas avérée en Ariège (les données disponibles étant anciennes et/ou peu précises) jusqu’à ce jour. C’est une plante de la famille des Liliacées, haute de 20 à 50cm avec de longues feuilles linéaires. Le plus souvent, la tige porte une seule fleur de grande taille dont les pétales sont ornés de motifs à damiers pourpres et blancs. Elle tire son nom de « Fritillus » qui est un cornet utilisé pour jeter les dés et fait référence à la forme en cloche des fleurs. Les motifs de la corolle rappellent, quant à eux, le plumage des pintades. La Fritillaire affectionne les zones inondables ; on la rencontre le plus souvent dans les prairies mais il est également possible de l’observer dans les boisements humides.

Une trouvaille qui augure, on l’espère, une saison botanique riche en découvertes !

 

Auteur : Agathe Verzeni, service civique zones humides

ParCarole Herscovici

Des ambroisies en Ariège : plantes exotiques envahissantes qui peuvent être dangereuses pour la santé …

Bien qu’elles fassent beaucoup parler d’elles, notamment dans la vallée du Rhône où elles sont responsables de graves problèmes sanitaires auprès d’une partie de la population, les ambroisies sont des plantes encore mal connues en Ariège. Si quelques stations avaient été repérées il y a une dizaine d’années, leur présence n’avait, semble t-‘il, pas donné lieu à des actions ou publications auprès du public. En 2015, un projet sur les plantes exotiques envahissantes, mené au niveau régional avec l’URCPIE et le CBPMP, fait un zoom sur ces espèces, puis dans un deuxième temps, sensibilisation, information et formation seront proposées auprès du grand public, des collectivités concernées et des professionnels

Mais tout d’abord, qui sont les ambroisies ? Les ambroisies présentes en France sont représentées par 4 à 5 espèces dont deux concernent plus particulièrement l’Ariège : l’ambroisie à feuilles d’armoise, Ambroisia artemissiifolia (cf : photo en haut de l’article), arrivée en France vers la fin du 19e siècle en provenance du Canada avec des semences, considérée autrefois comme plante médicinale au même titre que l’ambroisie maritime plus méditerranéenne et l’ambroisie trifide, Ambroisia trifida, une espèce de grande taille qui envahit progressivement de nombreuses cultures.

Ces plantes invasives ont un impact négatif important sur la santé de nos concitoyens à cause de leurs grands effets allergisants (rhinites, asthme …).

Ces 2 ambroisies ont déjà fait l’objet de recherches qui ont donné lieu à des enquêtes et des prospections notamment en Ariège où des stations de ces 2 espèces avaient été repérées.

Quel était le projet ? Dans le projet 2015 sur les espèces exotiques envahissantes, mené par l’Ana, il a été prévu de mettre à jour les données réalisées sur ces espèces, en allant vérifier, dans un premier temps sur les Communautés de communes de Pamiers et Saverdun, que sur toutes les stations repérées il y a quelques années, les ambroisies prospèrent toujours et à découvrir de nouvelles stations. Suite à un appel lancé auprès des adhérents du groupe botanique de l’Ana, 2 personnes se sont beaucoup investies dans ce travail et ont été ponctuellement aidées par une personne en service civique dans la structure.

Les zones les plus favorables au développement des ambroisies qui avaient été repérées concernaient surtout le canton de Saverdun avec notamment les communes de Montaut et de Mazères pour l’ambroisie trifide et une zone plus étendue allant de Belpech à Mirepoix pour l’ambroisie à feuilles d’armoise. Pour certaines des anciennes stations repérées, on n’a pu retrouver la présence d’ambroisies, en particulier au Carlaret et à Trémoulet sur une parcelle cultivée. La prospection a vraiment débuté lorsque nous avons pu enfin voir les 2 espèces autrement qu’en photo.

Les premières ambroisies trifides ont été vues le long d’une culture de maïs sur Montaut ce qui a orienté très rapidement nos recherches aux abords des cultures irriguées principalement. Cette espèce, qui peut atteindre 3 à 5 m de haut dans de très bonnes conditions a pu être repérée avec l’arrivée du mois d’août puis le début de la floraison.

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Photo d’Ambroisie trifide.

A la mi-septembre, une dizaine de nouvelles stations étaient repérées en plus des anciennes. La population pouvait varier de quelques pieds à des concentrations de plusieurs centaines de plants souvent éparpillées en quelques points très denses où il était difficile de faire un comptage précis. Cette ambroisie a pu être rencontrée dans du maïs, du sorgho, du tournesol ou plus souvent des céréales déjà récoltées.

L’ambroisie trifide est l’espèce qui cause actuellement le plus de problème dans les cultures à cause de son grand développement et de son extension importante. Elle est un peu comparable à celle du datura.

Cette année les prospections ont démarré en juillet ce qui est vraisemblablement un peu tôt car les ambroisies ne sont pas encore adultes, donc plus difficilement repérables et le nombre de pieds augmente en fin de saison.

En ce qui concerne la seconde espèce, l’ambroisie à feuille d’armoise, nos recherches se sont orientées tout d’abord dans la vallée de l’Hers puisque la première station que l’on nous a indiquée se trouvait sur un bras mort de la rivière et que, plus en aval, une ancienne station observée à Belpech était également sur les bords de l’Hers. Il semblait donc, à première vue, que les 2 espèces se développaient dans des conditions écologiques différentes : les cultures ou les bords de cours d’eau.

En orientant rapidement les prospections tout au long de la vallée de l’Hers, notamment sur les bancs de graviers ou de galets, quand ils étaient accessibles, nous nous sommes vite aperçus que l’ambroisie à feuille d’armoise avait réussi à s’établir un peu partout, en plus ou moins grande quantité, mais toujours aux endroits où le plan d’eau était proche de la surface. Ainsi, de Mirepoix à Calmont, nous avons trouvé de loin en loin des colonies d’ambroisies même si elles ont pu être un peu chahutées avec les grandes inondations qui ont modifié le cours de la rivière.

On compte une douzaine de nouvelles stations répertoriées en 2015. Sur cette partie de la vallée de l’Hers, on ne rencontre aucune ambroisie dans les cultures irriguées qui la bordent.

Au cours de la première quinzaine de septembre, la vision idéale de cette ambroisie qui restait cantonnée dans le lit d’une rivière a volé un peu en éclats : en effet, dans la région de Mirepoix, les anciennes stations à visiter ont révélé que l’ambroisie à feuilles d’armoise était capable de prospérer et d’envahir les cultures et ses abords. Ainsi dans une grande zone de cultures de tournesol, et en compagnie du datura, nous avons pu observer des centaines de pieds. Le sol étant assez sec, les plantes sont plus courtes mais fleurissent quand même. Les pieds, enchevêtrés les uns dans les autres, ne permettent que de faire une estimation car les écarter pour les compter serait long et enverrait des nuages de pollen sur l’observateur.

Deux autres points sur Mirepoix (le long d’un chemin près d’une culture de maïs et près de la déchetterie) ont montré que cette espèce pouvait coloniser et survivre dans des milieux plus secs, des friches ou des endroits où les terres ont été retournées ou déposées.

D’après les observations récoltées, il est difficile à ce jour de savoir si les ambroisies rencontrées ont pu se reproduire végétativement. On constate toutefois qu’une tige récoltée et placée dans un bocal d’eau peut émettre en quelques semaines un chevelu de racines impressionnant. Il est à noter aussi que les 2 espèces d’ambroisies n’ont jamais été rencontrées ensemble dans un même lieu.

 

En conclusion, nous pensons que les prospections 2015 ont permis d’avoir une vue plus précise sur l’envahissement des milieux agricoles ariégeois par ces 2 espèces.

Carto ambroisie localisation_globale - web

Localisation des stations d’Ambroisie sur les territoires des Communautés de communes de Saverdun et Pamiers, 2015

Il serait bien de compléter ce travail par des enquêtes chez les agriculteurs pour avoir des renseignements plus précis et suivre peut être une ou deux stations de chaque espèce pour voir comment évolue la population au fil des années…

En 2016, le programme sur les plantes exotiques envahissantes va continuer ; notamment sur les communautés de communes de Pamiers et Saverdun, avec un zoom important sur les ambroisies. Outre les prospections qui vont être poursuivies, nous allons sensibiliser et informer le grand public et mobiliser les collectivités et les professionnels concernés (agriculteurs, professionnels de santé, agents entretien espaces verts, bords de routes …). Au programme : expos, stands, sorties, émission de radio, article dans la presse …..

Plaquette Ambroisies en Ariège

Hervé Duval et Fabienne Bernard

ParCarole Herscovici

La Prairie humide du Pesquié, un an après

Il y a maintenant un an, l’Ana-Cen de l’Ariège a eu l’opportunité de faire l’acquisition d’une prairie humide à très forte valeur patrimoniale : la prairie du Pesquié à Lagarde dans l’Est du département (cf bulletin de liaison n ° 83). Nous connaissions cette prairie depuis près d’une dizaine d’année puisque nous y faisions le suivi de la Jacinthe de Rome, plante protégée au niveau national. A l’annonce de la vente de cette prairie, nous avons entamé les démarches pour nous en porter acquéreur et en assurer la protection en partenariat avec les acteurs locaux.

L’achat a pu se concrétiser grâce au concours financier de l’Agence de l’eau et d’un mode de financement inédit : le financement participatif via une campagne lancée sur le site Ulule. Cette initiative originale a fait l’objet de plusieurs articles dans la presse spécialisée (Zones Humides Info). Ces premières sources financières nous ont aussi permis d’accéder cet été à un complément apporté par la Fondation Nature et Découverte et de pouvoir financer cette acquisition en totalité.

 

Depuis l’achat en avril 2015 que s’est-il passé au Pesquié ?

On a inventorié, étudié, cartographié, analysé, partagé, rencontré, planifié… : la joyeuse « routine » de nos missions de Conservatoire d’espaces naturels.

  • L’amélioration de la connaissance naturaliste

Dès le printemps 2015, nous avons commencé à affiner notre connaissance naturaliste de la prairie qui se limitait jusqu’alors à la population de Jacinthe de Rome.

Nos inventaires ont pu confirmer :

– l’intérêt de ce secteur comme zone de reproduction des amphibiens avec 10 espèces recensées dont le Pélodyte ponctué, la Rainette méridionale ou le Crapaud calamite. Le mois de mars au Pesquié, c’est le Batrac’Opéra : ça chante, coasse et grougroute dans toutes les tonalités, tous les tempos et dans tous les coins.

Crapaud calamite peu présent en Ariège est du département

– l’intérêt botanique avec une population importante de Bellevalia romana mais aussi la découverte d’Alopecurus bulbosus – le Vulpin bulbeux, une graminée protégée au niveau national – moins spectaculaire que la Jacinthe mais plus rare et peut-être plus vulnérable. C’est, à notre connaissance, la seule station de cette plante connue à ce jour en Ariège.

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– la présence d’une mosaïque d’habitats naturels intéressante qui s’agencent selon plusieurs gradients (humidité, fermeture de la végétation, pression de pâturage). Nous avons pu mettre en évidence différents types d’habitats humides correspondant aux syntaxons suivants : le Bromion racemosi qui est d’intérêt patrimonial et relativement rare en Ariège, c’est l’habitat type de la Jacinthe de Rome, du Vulpin bulbeux et de l’Orge faux-seigle (Hordeum secalinum), une autre graminée de prairie humide peu fréquente. Le faciès dominé par Juncus inflexus (Mentho-Juncion inflexi) est révélateur de l’influence du pâturage et se développe en nappe le long du drain principal. Le Juncion acutiflori que l’on rencontre dans la partie du site moins soumise au pâturage. Enfin les drains présentent des faciès dominés par le Scirpe des marais (Eleocharis palustris)  relevant de l’alliance phytosociologique des Eleocharetalia palustris.

  • Et le fonctionnement hydrologique alors ?

Le fonctionnement hydrologique de cette grande zone humide qui présente de forts contrastes hydriques saisonniers reste pour l’instant mystérieux. Ce sera un des points majeurs à éclaircir en 2016 afin de proposer un plan de gestion cohérent. Dans cette optique une cartographie des drains a déjà été établie.

  • un peu de gestion en anticipation …

Nos collaborations antérieures avec l’équipe pédagogique du LEGTA de Pamiers nous ont permis de mettre en place un travail en partenariat sur ce site : les élèves de terminale GMNF auront ainsi en charge dès novembre 2015 des actions d’ouverture de milieu sur un des secteurs embroussaillés de la prairie ; nous les accompagnerons pour réaliser l’état des lieux avant travaux, mettre en œuvre le chantier de restauration et faire le suivi de ces actions de gestion.

2015 a été aussi l’occasion de maintenir le contact avec les acteurs locaux pour conserver et adapter le pâturage selon des modalités qu’il reste à définir plus précisément (plan de pâturage et charge pastorale).

  • Et la suite ?

L’objectif actuel est d’améliorer notre connaissance du site et de proposer un plan de gestion conservatoire concertée pour la fin d’année 2016, pour cela il nous reste encore à inventorier, étudier, cartographier, analyser, partager, rencontrer, planifier …!

Nous remercions les financeurs qui nous ont soutenu dans cette acquisition, l’Agence de l’eau Adour-Garonne, la Fondation Nature et Découverte et les 60 contributeurs, via le financement participatif, lancé sur le site Ulule.

Cécile Brousseau

ParCarole Herscovici

L’aigle royal en réseau

Le Réseau Aigles Pyrénées est né à la fin de l’année 2013 à la suite de rencontres entre passionnés de ce rapace et de la volonté de réaliser une synthèse pyrénéenne des connaissances sur cet oiseau.

Parallèlement et depuis 1999, j’essaye, à titre personnel :

  • d’une part de dresser la carte des territoires d’aigles royaux sur le Couserans et l’Ariège
  • d’autre part de suivre la productivité de ces territoires.

Le premier objectif est, me semble-t-il, atteint pour le Couserans (tout en espérant toujours quelques surprises…) et la phase d’extension à l’Ariège est en cours. Le second objectif n’est réalisé que de façon parcellaire : la nécessité d’un collectif est évidente pour mener un tel travail à bien. La constitution d’un petit réseau aigle sur le Couserans d’abord, mais à étendre à toute l’Ariège ensuite, est donc un projet que j’avais à l’esprit depuis quelques temps déjà.

La rencontre avec Jacques Bouillerce, coordinateur Aigle royal pour le GOPA et animateur du Réseau Aigles Pyrénées, par l’entremise de Sylvain Reyt (Merci Sylvain !) le 23 septembre dernier a été le détonateur qui me conduit aujourd’hui à présenter cette modeste synthèse sur l’aigle royal dans le Couserans et en Ariège ; et à solliciter tous les naturalistes de l’Ariège motivés par cet oiseau fascinant pour participer à un réseau aigle sur le Couserans et l’Ariège, affilié au Réseau Aigles Pyrénées.

L’aigle royal dans le Couserans et en Ariège.

2 juvénile

L’occupation d’un territoire par un couple d’aigles royaux signifie que : ils le défendent, ils y chassent et surtout ils tentent de s’y reproduire (construction d’aires, parades, accouplement, élevage…). Les indices d’occupation sont donc constitués par l’observation des comportements liés à ces activités.

La productivité d’un couple est représentée par sa capacité à mener à terme l’élevage d’un jeune (rarement deux), c’est-à-dire jusqu’à son envol.

En 2015, dans le Couserans (de la limite avec la Haute-Garonne au massif des Trois seigneurs), ce sont 12 territoires occupés par un couple d’aigles qui sont identifiés, et notés d’Ouest en Est dans le tableau.

Territoires Saint-Lary Isard Eylie Orle Ribérot Cazabède Estours Angouls Salau Ossèse Aulus Trois Seigneurs
Productivité brute 2/5 1/2 0/2 1/2 2/3 0/1 4/11 1/3 10/13 6/12 3/9 0/2

La productivité brute est le nombre de juvéniles à l’envol rapporté au nombre d’années pour lequel le couple a pu être plus ou moins suivi.

Comme je l’ai déjà mentionné, ce suivi est tout d’abord loin d’être égal pour tous les couples et ensuite très irrégulier pour tous les couples (pas de visites systématiques durant les phases clefs de la saison de reproduction) : la priorité a d’abord été donnée à l’identification des territoires. Le calcul classique de productivité n’est donc pas effectué.

Certains couples méritent toutefois un commentaire particulier :

– Salau : le seul couple pour lequel la productivité peut être commentée au vu du suivi réalisé ; elle est tout à fait remarquable : 0,77 avec une série de 9 années consécutives (2001-2009) avec un jeune à l’envol.

– Ossèse : un couple qui a réussi par 2 fois : en 2000 et en 2010, à mener 2 juvéniles à l’envol, ce qui est rare dans les Pyrénées.

– Aulus : Un couple très intéressant puisqu’on connaît toute son histoire. En effet, il s’est installé à la faveur du nourrissage mis en place pour fixer un couple de gypaète sur ce secteur. Cette histoire mériterait peut-être un article à elle seule, dont voilà juste quelques repères :

2002, installation du nourrissage fréquenté par des aigles surtout immatures et subadultes.

2004, un couple, formé par une femelle immature et un mâle subadulte, s’approprie le territoire

2006-2007 : le couple est adulte

2010-2011-2012 : le couple produit 1 juvénile à l’envol par an.

En Haute-Ariège, 9 territoires sont occupés par des couples d’aigles : Auzat, Marc, Artiès, Ussat, Verdun, Beille-Aston, Frau, Orlu, Mérens et 3 secteurs sont à vérifier : Siguer, Savignac-Ax, L’Hospitalet. L’Aston pourrait aussi réserver quelques surprises.

Dans le Quérigut, 3 territoires sont occupés : Mijanès et 2 autres rapportés par Jacques Bouillerce : « Roc blanc » et « Quérigut » utilisant des territoires à cheval sur l’Aude et les Pyrénées –Orientales, les aigles ne se souciant bien heureusement pas des subtilités des découpages administratifs humains.

Ainsi, en 2015, l’Ariège compterait donc 24 à 27 couples d’aigles royaux.

Un réseau aigle en Ariège ?

L’aigle royal fait partie des espèces mythiques : il a fasciné les hommes de toutes les époques qui l’ont fait intervenir dans de nombreuses légendes et croyances et se sont souvent appropriés son effigie.

D’un point de vue biologique, dans les Pyrénées, l’aigle royal intervient comme super prédateur au sommet de la pyramide alimentaire. Sa présence et sa productivité témoignent d’un territoire à la biodiversité riche et relativement peu anthropisé (c’est-à-dire avec des zones de quiétude suffisamment vastes pour qu’il s’installe). C’est donc un marqueur intéressant de la qualité biologique des milieux et de leur niveau d’anthropisation.

Le recensement des territoires d’aigles royaux et leur suivi visent donc deux objectifs :

– une meilleure connaissance de l’espèce elle-même dans le contexte pyrénéen

– une contribution au suivi de l’évolution des territoires occupés par les aigles

Le recensement des territoires d’aigles royaux semble bien avancé mais des incertitudes demeurent notamment en Haute Ariège : certains territoires restent à prospecter.

Le suivi est à réaliser de manière plus systématique pour avoir des résultats utilisables avec des visites aux moments clefs du cycle de reproduction : parades et recharge de l’aire, incubation, élevage, envol.

Pour cela, il faut un collectif : un réseau d’observateurs. Je vous propose une organisation géographique : l’idéal serait qu’un observateur (voire 2 ou 3) s’occupe d’un territoire qu’il choisit car il est proche de chez lui (lien géographique) ou parce qu’il l’aime particulièrement (lien affectif). Dans les 2 cas, le principe est que l’observateur puisse se rendre sur ce territoire avec le moins de contraintes possibles de manière à pouvoir réaliser un suivi satisfaisant.

Cependant cette organisation « idéale » ne sera pas en place partout et ne pourra pas convenir à tous en fonction de nos modes de vie et de nos contraintes, par conséquent, et même si certains veulent bien prendre en charge un territoire (ou plusieurs…), la souplesse prévaut : on peut aller prospecter et observer l’aigle où on veut (évidemment !!!!!!) mais il est extrêmement important de faire alors remonter les observations par mails de manière à pouvoir actualiser les connaissances et donc ajuster les efforts de prospections et de suivis.

Par ailleurs, j’en appelle également à tous ceux qui ont réalisé des observations d’aigles en Ariège : notamment des observations de juvéniles, d’aires ou de comportement territoriaux ou reproducteurs… Vous serait-il possible de me communiquer ces observations de manière à compléter les connaissances que nous avons déjà ?

L’aigle royal ne fait l’objet d’aucun suivi officiel, d’aucun plan de restauration ou d’étude et donc d’aucun financement. Le réseau aigle repose uniquement sur la volonté et la motivation de ceux qui y participent.

Merci par avance à ceux qui viendront d’une manière ou d’une autre contribuer à ce nouveau réseau aigle en Ariège. N’hésitez pas à me contacter pour toutes questions ou précisions.

Julien Garric

Coordinateur ANA réseau aigle

jgarric@wanadoo.fr

ParCarole Herscovici

Gypaète barbu à l’est du Couserans : premier envol d’un juvénile… après 13 ans d’efforts !

L’ANA participe depuis 2000 aux actions techniques (prospection, suivi, nourrissage) du réseau casseur d’os en faveur de la restauration de la population de gypaètes barbus sur le versant nord des Pyrénées. Dans les années 90, l’association participait déjà au volet « Education à l’Environnement » en contribuant  avec les autres partenaires à la mise en place du premier kit pédagogique pour sensibiliser le grand public aux actions pour la conservation du gypaète. En ce qui concerne les actions techniques, nous intervenons aujourd’hui essentiellement dans le Couserans et depuis l’année dernière dans le massif de la Frau à l’est du département.

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ParJulien Vergne

les mercredis de l’Ana

Nous avons le plaisir de vous annoncer le lancement d’un nouveau rendez-vous mensuel, baptisé “les mercredis de l’Ana“, ouvert à tous, néophytes, amateurs ou passionnés, destiné à découvrir une espèce, un milieu, ou échanger sur des thématiques variées.
Ces rendez-vous réguliers et gratuits, qui se tiendront au foyer Léo Lagrange, 16 rue Noël Peyrevidal à Foix, à partir de 20h00, en salle conférence, auront lieu le troisième mercredi de chaque mois.
Pensez à consulter notre calendrier des évènements et à en parler autour de vous!
ParJulien Vergne

Octobre/novembre 2015 : Inventaire des points noirs routiers en Ariège

avis de recherche points noirsVoici un numéro spécial de l’avis de recherche !

Pour cet automne, nous souhaitons connaitre les points noirs routiers en Ariège, en terme de mortalité pour la faune sauvage. Nous faisons appel à votre curiosité, votre motivation et votre passion pour la nature d’Ariège pour avoir les yeux grands ouverts au bord des routes, à pied, à vélo ou en voiture (à télécharger ci dessous).

Merci d’avance pour vos contributions, bonnes prospections et à bientôt!

Télécharger l’image

Alexis CALARD, Chargé de mission

ParJulien Vergne

Synthèse régionale des connaissances sur l’Elanion blanc en Midi-Pyrénées de 1990 à 2014

Elanion blanc (Elanus caeruleus) en Midi-Pyrénées

Bilan des connaissances de 1990 à 2014 «de la colonisation à l’installation»

Auteurs : Christophe COGNET, François BALLEREAU et Mathieu ORTH
Septembre 2015

Rapport complet à télécharger

Photographie Grégory Odemer

ParJulien Vergne

Notre réponse sur le projet de tirs d’effarouchement sur les vautours en Ariège

Lettre du 09/09/2014

 

Suite aux évènements de ce printemps 2014 où les Vautours fauves (Gyps fulvus) ont été intégrés comme “prédateurs”, au même titre que l’ours ou le loup, à la liste noire des opposants à la grande faune sauvage, la préfecture a proposé un arrêté préfectoral portant autorisation de tirs d’effarouchement des Vautours fauves.

Voici la réponse que l’Ana a transmise à la préfecture dans le cadre de la consultation publique.

 

“Madame, Monsieur,
Dans le cadre de cette consultation publique, il nous semble important de vous transmettre notre point de vue d’expert, compte-tenu du fait que nous assurons une veille et des suivis actifs des rapaces sur tout le département depuis plus de 15 ans.
Tout d’abord, nous sommes surpris de ne pas avoir été consultés voire même associés en amont à la réflexion ayant conduit à ce projet d’arrêté, comme cela peut se faire sur d’autres projets d’arrêtés mettant en jeu la faune ou la flore sauvage.

Compte-tenu des données suivantes :
– le Vautour fauve ne niche pas en Ariège
– sa présence est moins importante qu’ailleurs dans les Pyrénées et de toute façon saisonnière.
– aucune preuve scientifique ne vient attester les accusations de la FDSEA et des chasseurs exprimées lors de la manifestation de Foix.
– le constat réalisé par le vétérinaire référent du service vétérinaire de la DDT 09 repose sur une méconnaissance manifeste du Vautour fauve et n’a pas été validé par les experts du Ministère de l’Environnement.
– dans les Pyrénées françaises (ensemble du massif comprenant 6 départements) l’ONCFS a communiqué qu’en 2012 seulement 16% des constats déclarés (soit 16% de 52 = 8 constats) concernaient des interventions de vautours “sur du bétail affaibli ou blessé et en l’absence de berger”.
– ces interventions sur animaux très affaiblis voire mourant représentent moins de 0,05% de la mortalité du bétail (cf. J-P Choisy, 2014, courrier de l’environnement de l’INRA) et ne justifient donc pas un tel arrêté.
– la présence de vautours près de bâtiments agricoles indique l’existence de bétail mort (ou de placentas non enlevés), ou de bétail en difficulté (mise-bas difficile nécessitant la présence de l’éleveur ou d’un vétérinaire par exemple).
– un effort sanitaire et une surveillance des mises-bas rendraient les bâtiments et leurs environs moins attractifs et suffiraient à éloigner les vautours.
– aucune autre mesure n’a été testée ni aucune campagne de sensibilisation incitant les éleveurs à surveiller les mises-bas et à améliorer la conduite sanitaire des troupeaux n’a été prise par la préfecture de l’Ariège.
– le Vautour fauve ne peut scientifiquement pas être considéré comme un prédateur (contrairement à ce qui a été déclaré par vos services vétérinaires) ainsi qu’il est mentionné dans le projet d’arrêté (cf. B. Eliotout, 2011, Delachaux et Niestlé ; J. Vergne, 2014, document de l’Ana).

Nous estimons que :
– un tel arrêté n’est qu’une réponse politique en faveur de ceux qui refusent de cohabiter avec la grande faune sauvage. C’est donner raison à ceux qui répandent l’idée que le Vautour fauve est un prédateur (terme faux pour cette espèce et pourtant employé dans le projet d’arrêté).
– cet arrêté ne tient pas compte des espèces protégées qui pourraient être perturbées par les tirs (autorisés au printemps à la période où la majorité des oiseaux nichent) ce qui est interdit.
– ce projet porte atteinte aux Vautours fauves qui sont des animaux qui cohabitent avec le monde agricole et lui rendent service en faisant office d’équarrisseur naturel depuis plusieurs dizaines de milliers d’années.
– un tel projet ignore la valeur ajoutée que les vautours apportent au tourisme de nature en plein essor sur le département.
– si ces tirs sont réalisés directement par les éleveurs-chasseurs et lieutenants de louvèterie, le risque de dérapage et de tirs à balles réelles est à prendre au sérieux : ce type d’arrêté a été pris dans les Pyrénées-Atlantiques en 2012 et un gypaète a été tiré à balle réelle en 2013.
– le risque de confusion entre le Vautour fauve ou d’autres grands rapaces est important : envergure et taille difficile à estimer, milieu pouvant être similaire à celui du Gypaète barbu (Gypaetus barbatus), mêmes carcasses exploitées.
– les tirs d’effarouchement à l’encontre du Vautour fauve ont montré leur inefficacité dans les Pyrénées-Atlantiques : pas de demande des éleveurs, et effet éphémère des tirs (les vautours font un tour et ne s’en vont pas) s’ils ont repéré une opportunité trophique.

Pour rappel, la prise d’un arrêté similaire dans les Pyrénées-Atlantiques et ses conséquences sur les mentalités déjà agitées par les médias et les pressions diverses depuis plus de 10 ans sont claires : en 2012 en Ariège, la disparition d’un gypaèton de 3 mois coïncide en temps et lieu avec 3 cas d’empoisonnement de Vautours fauves ; en 2012 dans l’Aude, 4 Vautours fauves et un Vautour percnoptère ont été empoisonnés ; en 2013, 32% des rapaces nécrophages morts qui ont été étudiés sur les Pyrénées ont été victimes d’actes de malveillance (tir ou poison) ; fin 2013 un gypaète a été tiré ; juillet 2014 un Vautour percnoptère a été empoisonné. Depuis 2007, 2 gypaètes ont été tirés et 4 Vautours percnoptères sont morts empoisonnés dans les Pyrénées. Compte-tenu de la rareté de ces espèces au niveau européen, il est nécessaire de chercher d’autres solutions que ce type de régulation à proximité des exploitations agricoles.

Par voie de conséquence, nous estimons que ce projet doit être retiré.

Cependant, nous avons bien conscience que la présence de vautours dans l’état actuel du contexte agricole peut être vécue comme une contrainte supplémentaire et que les éleveurs ont besoin d’être accompagnés pour apaiser cette cohabitation.
Il est important qu’en cas de suspicion d’implication de vautours dans la mort d’animaux domestiques une expertise et une autopsie soit réalisées par des personnes formées et expérimentées, qu’elles soient de l’ONCFS et/ou indépendantes.
En matière d’alternative à cette mesure radicale, la mise en place de placettes d’équarrissage éloignées des zones d’élevage sont bien plus efficaces, plus économiques, plus écologiques et surtout plus logiques que des tirs d’effarouchement qui auront des conséquences sur d’autres espèces et sur le voisinage également.
Travaillant avec le monde agricole depuis de nombreuse année, l’Ana peut apporter un appui technique sur la mise en place de telles solutions en partenariat avec les services de l’Etat.
Ces problèmes ont des solutions qui doivent être discutées de façon dépassionnée avec des spécialistes. Un vrai travail de concertation des acteurs et d’information du grand public doit être fait en amont. Un projet mis en place sous la pression et reposant sur des arguments faux n’est pas viable et envenime la situation plutôt que de la résoudre.
Un arrêté doit venir après la réflexion, pas avant et doit de toute façon s’accompagner de pédagogie.

Dans l’espoir que ce projet d’arrêté sera retiré et qu’un vrai travail de médiation voit le jour, nous vous prions de recevoir, Madame, Monsieur, nos respectueuses salutations.

L’Association des Naturalistes de l’Ariège”

 

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Consulter l’avis de contre-expertise du Muséum national d’Histoire naturelle (27/08/2015) lié à l’expertise réalisée par le Dr Alzieu, vétérinaire référent du service vétérinaire de la DDT 09, à l’origine de cette fausse polémique et ayant entrainé la mise en application de cet APPB.