La Dépêche du Midi 21 novembre : « Des naturalistes aménagent des cours d’eau d’Aston »

L’association des naturalistes d’Ariège termine 15 jours d’aménagement des cours d’eau sur le secteur d’Aston. L’objectif est de favoriser les refuges du desman des Pyrénées.

Quinze jours d’aménagement des canaux d’Aston, zone classée Natura 2000, s’achèvent pour l’association des naturalistes de l’Ariège (Ana). Les travaux organisés par l’Ana s’inscrivent dans le cadre du programme européen de conservation Life + Desman.

130 tonnes de granite déposées
L’enjeu est de favoriser des zones de refuges pour le desman des Pyrénées dans les ruisseaux et les canaux de l’Aston. Concrètement, «nous avons consolidé les berges de la rive droite de l’Aston en déposant plus de 130 tonnes de blocs de granite.

Jusque-là les berges étaient en mauvais état pour accueillir le desman des Pyrénées», explique Léa de Sauverzac, chargée de mission à l’Ana.

Et de préciser : «En cas de dysfonctionnement des ruisseaux, de sécheresse, par exemple, le desman peut désormais se réfugier plus facilement. Comme lors des dernières années où il y a peu de neige et donc pas de fonte pour alimenter les canaux», indique Léa de Sauverzac.

Le desman a disparu de certaines zones où il habitait jusque-là
L’aménagement était donc «urgent» au regard de la disparition de l’animal dans des secteurs où il avait l’habitude d’habiter.

«Il y a quelques années le mammifère était très présent entre le Mas-d’Azil et Durban-sur-Arize. Aujourd’hui il a déserté le secteur, il n’y a plus de crottes de l’animal» témoigne un membre de l’Ana.

Celui-ci ajoute : «La disparition du desman des Pyrénées est souvent liée au réchauffement de l’eau. Cela pousse le mammifère insectivore à quitter le territoire parce qu’il n’y trouve plus sa nourriture, les larves d’insectes.» Les autres causes de la disparition de l’animal sont multifactorielles : «Le bétonnage des berges, les chats domestiques, les visons d’Amérique et la loutre d’Europe poussent le desman à partir», constate encore Léa de Sauverzac.

Morgane Malaterre – La Dépêche du Midi