Synthèse et bilan de l’avis de recherche sur la Pyrale du buis

Ecologie de l’espèce

La Pyrale du buis (Cydalima perspectalis) est un papillon nocturne d’origine asiatique. Elle a été introduite accidentellement en Allemagne puis a colonisé l’Europe. Ses chenilles se nourrissent des feuilles et de l’écorce verte des buis. En Asie, elle s’attaque parfois à des espèces de fusain et de houx. Ces espèces ne se retrouvent pas chez nous, donc pas d’inquiétude, la pyrale du buis n’attaque, en Europe, que le buis. Cette espèce se développe grâce à 3-4 générations de papillons dans l’année (plusieurs cycles papillons adultes-œufs-chenilles).

cycle_pyrale

Si la Pyrale du buis est bien un papillon nocturne, elle a une activité diurne assez importante. Des individus ont notamment été observés butinant les fleurs d’arbres et arbustes, se nourrissant des baies des haies et divaguant de buis en buis.

Une partie des chenilles de pyrales passent l’hiver en se nichant sous la terre à côté des buis afin de résister aux basses températures.

Son arrivée et sa dynamique en Ariège

Les premières observations de Pyrale du buis en Ariège ont été faites en 2015. L’année a confirmé son installation, notamment dans l’ouest de l’Ariège. L’année dernière, l’impact et la pression des chenilles étaient relativement faibles. C’est depuis le début d’année 2017 que nous observons une expansion très rapide vers l’est de l’Ariège avec un impact bien plus important sur de nombreux secteurs.

Que faire dans vos jardins ?

Pour ceux et celles d’entre vous qui ont du buis dans leur jardin, plusieurs solutions s’offrent à vous :

• En prévention (après observation de la présence des œufs et donc avant l’arrivée des chenilles) mais aussi en curatif, pulvérisez l’insecticide biologique au Bacillus thuringiensis sur la totalité du buis. Cet insecticide a pour effet de couper la faim de la chenille et entraine donc la mort de celle-ci au bout de 2-3 jours.
• Si la chenille est installée, il faut doubler cette pulvérisation par une élimination manuelle de toutes les chenilles (secouez l’arbre dans un premier temps).
• En préventif et curatif, une pulvérisation de savon noir dilué offre des résultats intéressants. L’opération est à renouveler après chaque pluie.
• Une taille éventuelle des individus de buis touchés par la pyrale peut être intéressante. Nous vous rappelons au passage qu’il est interdit de brûler des déchets verts et donc il faudra amener les résidus de coupe à la déchèterie ou les broyer.
• Certaines personnes ont expérimenté d’autres moyens pour lutter contre la pyrale du buis : disposer de la cendre au pied ou sur le buis, mettre des poules à proximité du buis si celui-ci est petit, etc. Le phénomène est récent en Ariège, donc toutes les nouvelles expériences sont intéressantes, à partir du moment où celles-ci respectent la nature environnante.
• Le piège à pyrale semble avoir une efficacité aléatoire. Néanmoins, il a au moins le mérite de vous indiquer l’arrivée des papillons adultes et donc de vous préparer à la mise en place du traitement. Il faut environ une semaine à l’œuf pour éclore et qu’une petite chenille commence à consommer le buis. Traiter le buis une dizaine de jours après l’observation d’un piège plein ou tout simplement du vol des papillons devrait donc être efficace.

La problématique va revenir plusieurs années puisque la pyrale du buis devrait survivre, selon les secteurs, à l’hiver ariègeois (l’espèce sera néanmoins particulièrement affaiblie par le gel répété et les hivers très rudes).

Il faut donc maintenir cette veille chaque année et faire confiance à la nature environnante pour s’adapter à cette nouvelle espèce. Un buis, selon son âge et le contexte, ne va pas mourir lors de la première année après l’arrivée de la Pyrale du buis et la consommation de ses feuilles. Si le phénomène est continu sur 3-4 ans, il risque en effet de disparaitre définitivement.

Que faire pour les buxaies (forêt de buis) naturelles

Les dégâts de la Pyrale du buis peuvent être limités dans les jardins, mais pour l’instant, comme on peut l’observer sur de grandes surfaces en Ariège, nous ne pouvons rien faire sur les grandes buxaies naturelles.

Pour ces milieux, nous comptons actuellement sur la faune locale (observation de prédation de la pyrale du buis par des passereaux, des araignées, des lézards, des chauves-souris, etc.) pour s’adapter et endiguer en partie la population de ce papillon.

Il ne faut pas être continuellement alarmiste sur les espèces exotiques dites « envahissantes ». La Pyrale du buis est en Ariège, c’est un fait. Elle profite pour l’instant du contexte favorable sur le département, avec la présence très importante du buis et le manque de prédateurs naturels. Pour la nature, il faut un temps d’adaptation et l’être humain, qui en fait partie, doit accepter ce temps de latence.

Citations

« Hier soir, en voiture sur la route entre Foix et Vernajoul, on se serait crus en pleine averse de neige tellement il y avait de papillons. »
« Au bord de la falaise d’escalade, il y avait tellement de chenilles que la pratique de l’escalade était désagréable. »
« Il y en avaient tellement (de chenilles) que certains chemins ancestraux entièrement bordés de buis étaient impénétrables et nos brebis revenaient avec la tête et les oreilles complètement coiffées avec les fils »

Liste des communes où la présence de la pyrale du buis est avérée

Aigues-Juntes, Aigues-Vives, Allières, Alzen, Arvigna, Barjac, Benac, Cadarcet, Camarade, Carla-Bayle, Castelnau-Durban, Cazavet, Celles, Clermont, Cos, Crampagna, Daumazan-sur-Arize, Dun, Durban-sur-Arize, Esplas-de-Serou, Eycheil, Fabas, Ferrieres-sur-Ariege, Foix, La Bastide-de-Sérou, Larbont, Lavelanet, Le Mas-D’azil, Les Issards, Lescure, Lesparrou, Leychert, L’herm, Ludies, Mauvezin-de-Prat, Mercus-Garrabet, Montels, Montgaillard, Montseron, Moulis, Pamiers, Prat-Bonrepaux, Rimont, Riverenert, Roquefort-les-Cascades, Saint-Girons, Saint-Jean-du-Falga, Saint-Lizier, Saint-Martin-de-Caralp, Saint-Paul-de-Jarrat, Saint-Ybars, Seix, Serres-sur-Arget, Soueix-Rogalle, Soula, Soulan, Suzan, Tourtouse, Vernajoul

 

Vous êtes plus d’une centaine à avoir répondu à notre avis de recherche et à avoir transmis vos observations.

Merci à tous !

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